Edito du 9 septembre 2009
Outre nos passages à Prendeignes dans le Lot ou à Estagel près de Perpignan, ou encore dans le beau et renommé festival des Transes Cévenoles chez nos Elvis préférés, notre été était surtout marqué par deux festivals. Un petit qui grossit, le nôtre, Remise à neuf, que l'on organise à Saint-Jean de la Blaquière avec la Communauté de Communes Lodévois et Larzac et l'association Scène-Autres Idées. Un très gros, celui d'Aurillac, dont je n'oserai pas dire qu'il rapetisse, mais dont la saveur me parait s'affadir par l'immensité de la foire. Ces deux restent des passages obligés de notre été. Le premier parce qu'il est enfin mature, légitimé, mais toujours à taille humaine et fruit de rencontres richissimes. Le deuxième parce qu'il est incontournable dans le paysage culturel et que c'est l?occasion d'y réaffirmer notre patte et notre vision.
Remise à Neuf était un grand bonheur. Beaucoup, beaucoup de monde !! (Nous sommes d'ailleurs désolés pour les spectateurs que nous avons dû refuser pour la représentation de Traces du Petit Théâtre de Pain...) Des spectacles dans des lieux toujours aussi différents : des remises, dans un jardin privé au-dessus de la rivière, en déambulation dans les rues, devant la cave coopérative fière et triste, chargée d'histoire mais fermée...Du théâtre de rue, de plein-air, ou dans des petites salles...Du théâtre partout où l'on peut en faire. Du théâtre inclassable qui à toutes les étiquettes formelles préfèrera toujours la nécessité de raconter des histoires. Du théâtre en fête, et la fête était belle, surtout quand ont résonné les chansons envoûtantes et trépidantes du Cor de la Plana...
A Aurillac, La Noce a franchi un cap de maturité et nous avons eu cette année encore le bonheur de voir les spectateurs faire en masse le déplacement jusqu'à nous. Quand on joue assez loin du centre ville (15 à 20 mn à pied), ce n'est jamais gagné d?avance... mais nous commençons à être habitués aux trajectoires asymptotiques. Jamais vraiment dans les chapelles, tournant autour, cherchant le point de contact mais traçant notre route assez loin des centres, des franges des festivals de rue aux programmations hors les murs des théâtres.
Nous jouions cette année deux spectacles par jour, La Noce et L'Ombre. C'était un marathon assez jouissif. Plaisir enfantin de passer avec la même équipe d'un univers à un autre, de surprendre, avec, pour les comédiens, des emplois souvent diamétralement opposés d'un spectacle à l'autre. Ce marathon n'aurait été possible sans tous ceux qui nous ont bénévolement accompagné, aidé, soutenu, collant les affiches, préparant les repas, tenant la buvette etc etc...Tous ceux qui font partie de la famille Humani et dont la présence à nos côtés, des Cabarets de l'Urgence à Remise à Neuf en passant par Aurillac, est toujours aussi précieuse.
Si nos tournées continuent allègrement en septembre et octobre, et si se profilent à l'automne les premières résidences de la prochaine création Albatros de Fabrice Melquiot, la famille en question sera à nouveau sur le quai pour la troisième saison des Cabarets de l'Urgence au Domaine de Roueïre. Cela devrait commencer début octobre, on vous en dit plus très bientôt....
Fabien Bergès