Archives > Edito > Edito - 22 novembre 2008
Cabaret du bonheur et bonheur du cabaret

Samedi 4 octobre, c'était la rentrée du Cabaret de l'Urgence, saluée par un enthousiasme croissant, 170 spectateurs et 17 artistes. Nous étions peut-être un peu trop nombreux sur scène, parvenant moins bien que les fois précédentes à faire choeur et corps et nous étendant un peu plus avec une représentation d'1h45. D'un autre côté comment ne pas se féliciter de voir que cette proposition fait sens pour beaucoup de ces fous qui ont choisi le métier d'artiste comme seule manière de répondre aux tourments de l'existence...Peut-être devrons-nous encore inventer de nouvelles façons de travailler dans cette journée de l'urgence. Jusqu'ici nous passons beaucoup de temps en écriture. J'aimerais à l'avenir travailler un peu plus sous forme d'improvisations, pour passer plus de temps sur le plateau dans ce qui est le coeur de nos métiers, croiser ainsi encore plus les approches artistiques et surtout tâcher d'inventer des formes. Car au-delà de nous emparer de propos qui nous font urgence, il m'apparaît que notre horizon devrait être d'en donner de nouvelles visions par les façons qu'on aura de les raconter, usant de textes, de musiques, de danses... Je rêve de cocktails détonants, où l'esquive de la narrativité, du réalisme et du conventionnel ferait éclater le monde comme des baudruches. Vaste entreprise...
La notre, petite mais déjà solidement amarrée, a notamment été saluée par Le magazine culturel régional Olé ! : «  Ce ne fut pas ce que certains pourraient appeler du théâtre militant, ce fut plus et au-delà, peut-être pour une raison essentielle : le bonheur que les artistes prennent à jouer (...) » (M. Solans - Olé ! n°438). Cela me donne l'idée d'un credo : retrouver la nécessité urgente d'être sur scène tout en envisageant le jeu avec beaucoup d'enfance comme on allierait le pessimisme de la pensée à la jubilation d'exister.

Fabien Bergès

Le prochain Cabaret de l'Urgence aura lieu le 6 décembre au Domaine de Roueïre.

Cet édito fait partie d'un tout nouveau petit journal, La Griffe, griffonné par des artistes et des compagnons de route bénévoles de la compagnie et qui sortira à chaque cabaret.
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