Eclos
Ca y est l'oiseau est sorti du nid. Nous le regardons voler encore inquiets mais avec beaucoup de fierté. Et nous voilà avec lui repartis sur les routes ... notre existence est plus terre à terre qu'on voudrait bien le croire... Nous voilà repartis avec notre théâtre itinérant, notre théâtre qui voyage et niche partout, dans les théâtres, les salles polyvalentes, les cours, les places de village. Nous revoilà portant haut notre utopie d'un théâtre qui s'adresse à tout le monde et abolit les frontières. Les premières représentations confirment d'ailleurs notre intuition au sujet du public : le spectacle s'adresse à tous, aux enfants comme aux adultes. Tout le monde y trouve son compte. Bien sûr il faut que le spectacle se rôde en jouant, gagne encore en rythme. Rien de plus normal au stade où l'on en est. Il n'en reste pas moins que le spectacle ressemble d'assez près à ce que l'on s'imaginait. La scénographie a finalement eu peut-être plus d'importance que ce que l'on pensait. Elle reste très simple mais exige quelques manipulations. Celles-ci se font à vue par les acteurs ce qui donne l'impression d'une orchestration brute et rythmée. C'est le théâtre sans manières. Cela raconte aussi quelque chose de la vie comme un chemin inexorable, sans pitié ni condescendance. Mais il est temps pour nous de nous taire ou nous en dirons trop. Mieux vaut maintenant jouer la pièce que d'en parler. Nous ne pouvons que vous inviter à visiter la liste des dates et encore une fois s'en remettre à des mots de Fabice Melquiot : « (...) il faut s'en aller survivre, s'en aller éclore, au nom de cet autre que nous sommes quand l'oeuf a cessé d'être l'oeuf, vivre pour l'oiseau de soi, pour l'éclos, vivre au nom de l'Albatros qui niche en chacun et pour empêcher le Déluge ou remplacer les génies ... avec panache! Il y a en chacun de soi un Albatros au moment de l'envol, il y a en chacun une piste d'envol, en chacun toutes les pistes; et tous les égarements, toutes les morts ».
Fabien Bergès